Droits de mutation en Suisse 

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En Suisse, les droits de mutation sont des frais perçus par les cantons – et parfois également par certaines communes – lors d’un changement de propriétaire suite à l’achat d’un bien immobilier. Le montant de cette taxe varie selon les régions. Quelles sont les exonérations possibles ? Et surtout, qui en assume la charge lors d’une vente ?

Droits de mutation : définition

Les droits de mutation correspondent à une imposition prélevée lors du changement de propriétaire d’un bien immobilier, qu’il s’agisse d’un achat, d’une donation ou d’une succession portant sur une maison, un appartement ou un terrain.

Fixés non pas par la Confédération mais au niveau cantonal – et parfois même communal – ces droits varient considérablement selon la localisation du bien, aussi bien en termes de taux que de conditions d’application ou d’exonération.

Comment sont calculés les droits de mutation ?

Dans la plupart des cantons suisses, les droits de mutation sont calculés à partir du prix d’acquisition du bien. La formule couramment appliquée est simple :

montant du droit = prix d’achat × taux d’imposition en vigueur dans le canton

Lorsqu’il s’agit d’une transmission sans contrepartie financière, comme une donation, un échange ou un héritage, c’est la valeur vénale du bien – soit sa valeur estimée sur le marché – qui sert de base de calcul.

À noter : certaines communes appliquent une taxe additionnelle locale, venant s’ajouter au prélèvement cantonal.

Qui prend en charge les droits de mutation ?

Dans la majorité des cantons suisses, c’est l’acquéreur qui assume le règlement des droits de mutation. Toutefois, cette règle peut varier selon la localisation du bien :

  • dans certains cantons comme Genève, Vaud ou Neuchâtel, les frais incombent intégralement à l’acheteur ;
  • ailleurs, ils sont répartis équitablement entre acheteur et vendeur (ex. : Bâle-Campagne, Obwald) ;
  • dans d’autres régions encore, la répartition est laissée à la libre entente des parties, sous réserve d’une responsabilité solidaire. 

Avant de conclure une transaction, il est donc essentiel de formaliser cet aspect dans le contrat de vente afin d’éviter toute ambiguïté.

Cantons exemptés des droits de mutation classiques

Dans plusieurs cantons suisses, les droits de mutation traditionnels ont été supprimés et remplacés par des frais administratifs liés à l’enregistrement de la transaction :

CantonType de fraisTaux
ZurichNotaire + registre foncier0,1 % chacun
UriRegistre foncier0,2 %
GlarisRegistre foncier (transfert de propriété)0,35 %
ZougRegistre foncier (tarif horaire)180 CHF/heure
SchaffhouseNotaire + registre foncier0,7 %
SchwyzCompensation forfaitaire (hypothèque)0,09 %, max 13’500 CHF

Comparatif des droits de mutation en fonction du canton

CantonTaux standardQui paie ?Remarques
Genève3,0 %AcheteurTaux réduit pour les successions
Vaud2,2 % (+ commune)Acheteur (souvent seul)Communes peuvent ajouter 50 %
Valais1,0–1,5 %AcheteurTaux progressif
Neuchâtel3,3 %Acheteur2,2 % si résidence principale
Bâle-Campagne2,5 %50/50 vendeur/acheteurPartage obligatoire
Saint-Gall1,0 %AcheteurTaux réduit pour famille
Fribourg1,5 % (+ commune)AcheteurCommunes peuvent doubler le taux

Bon à savoir : pour consulter les taux complets, consultez le site de l’administration fiscale de votre canton.

Droits de mutation : les principales exceptions 

Certaines situations bénéficient d’une exonération totale ou partielle des droits de mutation, selon des critères bien définis par les cantons. Ces exceptions peuvent être objectives, lorsqu’elles concernent la nature du transfert, ou subjectives, lorsqu’elles dépendent du profil des parties impliquées.

Exonérations liées au type de transaction

  • Succession : dans la grande majorité des cantons, les héritages échappent aux droits de mutation.
  • Donation entre membres de la famille : souvent exonérée ou soumise à un taux symbolique.
  • Transmission entre conjoints ou dans le cadre d’un regroupement familial : exonération partielle ou complète selon le canton.
  • Vente contrainte (judiciaire, faillite, etc.) : plusieurs cantons suppriment alors cette taxe (exceptions notables : Berne, Fribourg, Argovie, Vaud…).

Exonérations liées à l’identité des parties

  • Les pouvoirs publics : Confédération, cantons, communes.
  • Les églises reconnues d’intérêt national.
  • Les fondations d’utilité publique ou à vocation sociale, sous réserve des règles spécifiques à chaque canton.

Frais annexes à anticiper lors d’une transaction immobilière

Au-delà des droits de mutation, l’acquisition ou la cession d’un bien immobilier en Suisse s’accompagne d’autres frais obligatoires :

  • Taxe sur le gain immobilier, à la charge du vendeur, calculée en fonction de la plus-value réalisée ;
  • Honoraires notariaux, qui varient entre 0,1 % et 0,5 % du prix de vente selon le canton ;
  • Frais d’inscription au registre foncier, représentant environ 0,1 % à 0,2 % de la valeur du bien ;
  • Établissement d’une cédule hypothécaire, en cas de financement par emprunt ;
  • Indemnité de remboursement anticipé, une pénalité à payer si le vendeur clôt une hypothèque avant son terme contractuel.

Les droits de mutation peuvent représenter une part significative du coût total d’un achat ou d’une vente immobilière en Suisse. Pour éviter toute mauvaise surprise, il est essentiel de bien se renseigner sur la fiscalité locale, de prévoir les frais complémentaires (notaire, enregistrement, impôts sur les plus-values), et surtout de définir clairement la répartition des charges dans le contrat de vente.

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Foire aux questions sur les droits de mutation en Suisse

Comment sont calculés les droits de mutation ?

Dans la plupart des cantons, le calcul se fait sur la base du prix d’achat du bien ou, dans le cas d’une transmission sans contrepartie (donation, héritage), sur la valeur vénale estimée.
Formule : Montant = prix d’achat × taux en vigueur dans le canton (+ éventuelle taxe communale).

Qui paie les droits de mutation ?

Dans la majorité des cantons (Genève, Vaud, Neuchâtel…), c’est l’acheteur qui assume les frais.
Dans certains cantons (Bâle-Campagne, Obwald), les droits sont partagés entre acheteur et vendeur.
Ailleurs, la répartition peut être convenue librement par les parties, avec une responsabilité solidaire.

Quels cantons suisses ne facturent pas de droits de mutation classiques ?

Certains cantons les ont remplacés par des frais administratifs (notaire et registre foncier), par exemple :
Zurich : env. 0,1 % pour le notaire + 0,1 % pour le registre foncier.
Uri : 0,2 % (registre foncier).
Zoug : tarif horaire (180 CHF/heure).
Schwyz : compensation forfaitaire liée à l’hypothèque (0,09 %, max 13’500 CHF).

Quels sont les taux de droits de mutation selon le canton ?

Genève : 3 %, payé par l’acheteur.
Vaud : 2,2 % + taxe communale, payé par l’acheteur.
Valais : 1–1,5 %, payé par l’acheteur.
Neuchâtel : 3,3 % (2,2 % si résidence principale).
Bâle-Campagne : 2,5 %, partagé 50/50.
Fribourg : 1,5 % + taxe communale, payé par l’acheteur.

Existe-t-il des exonérations de droits de mutation ?

Oui, plusieurs cas peuvent bénéficier d’une exonération totale ou partielle :
Succession (dans la majorité des cantons).
Donation familiale (souvent exonérée ou soumise à un taux réduit).
Transmission entre conjoints ou regroupement familial.
Ventes contraintes (judiciaires, faillites…), sauf exceptions (ex. Berne, Vaud).
Acquéreurs spécifiques : Confédération, cantons, communes, fondations d’utilité publique.

Quels autres frais s’ajoutent aux droits de mutation lors d’un achat immobilier ?

Taxe sur le gain immobilier (payée par le vendeur).
Honoraires notoriaux (0,1–0,5 % du prix de vente selon canton).
Frais d’inscription au registre foncier (0,1–0,2 %).
Cédule hypothécaire (si financement par emprunt).
Indemnité de remboursement anticipé (si une hypothèque est soldée avant terme).

Pourquoi est-il important d’anticiper les droits de mutation ?

Parce qu’ils peuvent représenter une part importante du coût d’acquisition. Pour éviter les mauvaises surprises, il est essentiel de se renseigner sur la fiscalité cantonale, de prévoir les frais annexes (notaire, enregistrement, impôt sur la plus-value) et de clarifier la répartition dans le contrat de vente.

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